Hier et aujourd'hui: génocide arménien et chrétiens d'Orient, une sinistre résonance.

Voici la page 4 de nos " infos documentaires" .
Le génocide des Arméniens prend sous nos yeux une portée universelle !

Ci-dessous un article de Christian MAKARIAN paru dans " Le Levant" N°104 de décembre 2015, l'année du centenaire du génocide arménien. Christian MAKARIAN est directeur délégué de l'Express. Il était à l'époque membre du Conseil d'Administration de SPFA, Solidarité Protestante France Arménie avec qui nous allons découvrir l'Arménie au printemps 2019.








Christian MAKARIAN est connu pour ses analyses éclairées, entre-autres  c/c la situation au Moyen Orient.

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Article paru dans le N°104 du LEVANT:
                  Cent ans après les faits, le Génocide des Arméniens continue à faire couler de l'encre. Non seulement parce qu'il n'est toujours pas reconnu par le pays où il fut perpétré, mais aussi parce que la situation présente des Chrétiens d'Orient évoque étrangement cette réminiscence tragique.
                   Contrairement aux apparences, qui voudraient que ce crime contre l'humanité relève désormais du chapitre inachevé de la mémoire, le génocide des Arméniens   prend sous nos yeux une portée universelle. Il suffit d'observer le désastre qui accompagne l'exil forcé des Chrétiens d'Irak ou de Syrie ou les persécutions que subissent les Yézidis. ( ....... ) Tout est fait par les extrémistes musulmans pour éliminer la présence chrétienne en Orient, si bien que la cause humaniste ne consiste plus seulement à défendre des minorités persécutées, mais à défendre l'humain en tant que tel, le principe même qui fait de chaque homme et de chaque femme un être libre, digne de vivre selon les choix inaliénables de sa conscience.
                   Faire coïncider implacablement, contre toute tradition historique, l'islam et le monde arabo-turc, tel est le projet ravageur de Daech et des autres groupes radicaux: c'est faire de l'Homme un objet, soit le contraire d'une créature. Selon ce plan diabolique, les chrétiens, mais aussi toutes les communautés autres que les sunnites, doivent disparaître afin que la culture de la tolérance et de la cohabitation, qui fut pendant des millénaires la riche complexité de l'Orient, soit à jamais anéantie. Le pire est que les auteurs de ces démonstrations d'horreur les commettent en prononçant le nom de Dieu.

                   De la masse de documents et de témoignages publiés en 2015 il ressort que les faits étaient connus en 1915  dès leur accomplissement. Durant la Première guerre mondiale, de nombreux témoins dignes de confiance ont relaté le caractère catastrophique des événements survenus dans l'empire ottoman et l'on ne peut qu'être surpris de la justesse de leurs analyses. Elles n'ont pourtant pas permis d'arrêter l'enchainement des destructions ni l'anéantissement d'un peuple établi sur la terre de ses ancêtres depuis des millénaires, accroché à sa foi comme un naufragé à son radeau.
C'était la guerre, et les grandes puissances se déchiraient entre elles partout en Europe; hormis quelques cercles d'intellectuels informés, il n'y avait pas de place pour la compassion, encore moins pour l'action et le secours.

                 Et aujourd'hui ?
L'Europe vit en paix enfin, même si cet acquis demeure fragile,(......)  Or cet équilibre relatif s'accompagne de la même impuissance, en tout cas d'une forme de passivité, vis à vis des minorités persécutées en Orient.

Il revient désormais  aux chrétiens d'Europe d'attirer l'attention de tous leurs contemporains - croyants ou humanistes non croyants- et de les mobiliser non seulement pour leurs frères d'Orient mais, au-delà, pour tous ceux qui souffrent de l'idéologie qui servit d'argument au Génocide de 1915.
C'est le témoignage de foi qui nous est aujourd'hui demandé.

Mercredi 25 Avril 2018
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