Tremblement de coeur en Arménie chrétienne

SPFA était parti le 21 avril 2018 pour son voyage de printemps en Arménie. Les participants ont entre autre visité le mémorial du génocide et vécu sa commémoration à Erevan le 24 avril.
En prélude à notre propre échappée en Arménie au printemps 2019, nous espérons que vous prendrez plaisir à lire la page 2 que voici de nos infos " documentaires", toutes les autres étant actuellement à la une du site.



N.B. Le joueur de la photo est pris devant l'église Catholike, l'historique et la contemporaine, à l'architecture arménienne caractéristique au centre d'EREVAN, capitale de l'Arménie.
Sa flûte enchanteresse au chant grave , poignant, infiniment nostalgique, s'appelle  " doudouk  ".


Ecouter le jeu d' un doudouk  ( par Lévon MINASSIAN) : cliquer ici
Ecouter ces quelques notes nous préparera  amoureusement au contact de ce peuple particulièrement attachant, confiné au coeur du Caucase dans l'étroit territoire  imposé par la soviétisation en 1921 et meurtri à tout jamais par le génocide perpétré par le gouvernement ottoman des Jeunes Turcs en 1915.

A  propos du génocide:
Entre avril 1915 et juillet 1916 les deux tiers des Arméniens de l'Empire Ottoman ont été exterminés, résultat d'un processus d'anéantissement planifié. Quand éclate la Première guerre mondiale, en 1914, les Ottomans y prennent part aux côtés de l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, contre les Russes et les Occidentaux. Les nationalistes au pouvoir , animés par une idéologie raciste, rêvent de " turquifier" le pays et de conserver l'intégrité de l'Empire.
" Le conflit leur a offert le prétexte et l'occasion d'exterminer les Arméniens, minorité chrétienne vue comme un ennemi extérieur"  explique l'historien Yves Ternon. L'Empire ottoman fut longtemps une incontournable puissance en Méditerranée, au Moyen Orient et dans les Balkans, mais son entrée dans la Première Guerre mondiale va accélérer le processus de son déclin entamé  à partir du début du XIX ème siècle et le mener à l'effondrement.
Hélas, jusqu'à nos jours, contrairement à celui du peuple juif, le génocide des Arméniens est toujours interdit de deuil. Les héritiers des bourreaux d'hier continuent de nier ce si tragique événement.
Cependant, entre autres,
En 2001: La France reconnait le génocide arménien ( Président CHIRAC)
En 2005 : La Pologne le reconnait
En 2015 : La Belgique le reconnait
En 2016: L'Allemagne le reconnait


Mémorial du génocide et  devoir de mémoire contre l'oubli chaque 24 avril, jour férié en Arménie.

Par dizaines de milliers, une simple fleur à la main, dans un cortège sans fin, le peuple gravit au ralenti la mythique colline du Tsitsernakaberd ( la forteresse des hirondelles) à EREVAN chaque 24 avril vers le sobre Mémorial du génocide pour s'y recueillir, se signer et déposer sa fleur.



Toutes les familles restent bouleversées, tous les arméniens , même ceux qui ne s'intéressent pas à la politique ou à l'histoire,  grandissent avec le poids du génocide et de sa négation par les Turcs .
Ils veulent  lutter en leur âme et conscience  jusqu'à  la reconnaissance , c'est pour eux une question morale.
Sous le président KOTCHARIAN ,  un axe majeur de la politique étrangère de l'Arménie  a été d'arriver à une reconnaissance internationale du génocide. Après son intervention à l'Assemblée générale des Nations Unies en 1999,  les reconnaissances étatiques se succèderont,   une vingtaine à ce jour...
A
près celle de la Pologne et pour le 90ème anniversaire en 2005, on se souvient du séminaire international  "Génocide et droits de l'homme " à Erevan et la présence de Lech WALESA.
Le président KOTCHARIAN a mis en place un rituel désormais immuable: chaque hôte officiel est invité à se rendre au mémorial du génocide, pour en visiter le musée et signer le livre d'or, déposer une gerbe près de la flamme éternelle et planter un sapin dans le bosquet du souvenir. A l'automne 2006, le président CHIRAC ne dérogea pas à la règle.

En 2015, pour le centenaire du génocide, à ce même mémorial, se tinrent entre autres François HOLLANDE, POUTINE, et Charles AZNAVOUR (IAN).
Le chanteur d'origine arménienne évoqua son mandat moral envers son peuple dans un " Point de vue " publié dans Le Monde du 25 avril 2015.  ( pdf  à télécharger ci-dessous)
Et en 2018 ?  .... Restons à l'écoute des informations  mardi prochain !
 


Mercredi 9 Mai 2018
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